1959

1959

samedi 28 mai 2016

ASCENSION dans les Vosges

Le week-end de l'Ascension, c'était il y a trois semaines déjà, et je n'ai pas encore évoqué sur ce blog le séjour que nous avons fait dans les Vosges durant ces trois journées ensoleillées. Sylvie et Gérard nous accueillaient à Cornimont et nous avons fait suivre les vélos, bien sûr.
 Ce fut l'occasion pour Laurence de tester son vélo de randonnée  dans des conditions "montagnardes". Le petit plateau de 24 dents tourne bien, le  test fut donc positif : Laurence est presque prête à affronter les cols pyrénéens l'été prochain !
Le jeudi 5 mai nous avions décidé d'aller monter le Ballon d'Alsace situé à une trentaine de kilomètres.
Pour nous mettre en appétit, nous avons d'abord gravi le col du Page (Altitude 956 m - Cornimont se trouvant à 510 m). 
Ce fut une belle mise en jambe. 
Après une longue montée en pente douce de Cornimont jusque après Ventron, 
...la petite route à droite est tout à coup plus pentue qui serpente parmi les pins des Vosges jusqu'au col.
La route qui nous permet de descendre sur Bussang est très jolie et me permet de me souvenir de mon Tour de France 1959.
Mon Tour de France 1959 - Dimanche 5 juillet 1959
En effet, lors de la première étape, qui me menait de Mulhouse à Nancy,  j'avais franchi ici le premier col de mon long périple.

Cette photo prise en 1959 ressemble d'ailleurs à celle que je présente ci-dessus.
 A Bussang, nous passons devant le Théâtre du Peuple qui a la particularité que la scène ouvre sur la forêt.

Sur cette carte postale ancienne, on comprend mieux la disposition des lieux.
Depuis plus de 120 ans, ce lieu, que certains prétendent magique, enchante les amateurs de théâtre.
Pour la petite histoire, il est à noter que Frédéric Pottecher, grand chroniqueur judiciaire dont la voix est encore dans la mémoire de tous les gens de ma génération, était natif de Bussang et était un neveu de Maurice Pottecher.

Après avoir suivi la vallée de la Moselle durant quelques kilomètres, nous arrivons au pied de l'ascension vers le ballon d'Alsace.
Et c'est un autre souvenir qu'il me faut évoquer ici. En 2007, j'avais participé à une belle épreuve cyclosportive qui ne connut hélas qu'une seule édition. Le principe était pourtant intéressant : faire revivre des étapes du Tour de France qui sont restés dans la mémoire collective comme des étapes de légende.
 En 2007, Amaury Sport Organisation nous proposait de suivre le parcours de l'étape Strasbourg - Belfort qui avait été courue par les coureurs du Tour de France en 1967.
Miroir Sprint N° 1101 A du 10 juillet 1967

En 1967, cette étape fut mémorable car elle vit Poulidor perdre le Tour de France.
Ce fut donc encore un rendez-vous manqué pour notre Poupou national !

Le Tour se courant à nouveau par équipes nationales vit par la suite Raymond Poulidor se mettre au service de son équipier du mois de juillet Roger Pingeon (qui courait normalement pour les cycles Peugeot quand Poulidor défendait les couleurs des cycles Mercier). Le nom de Pingeon reste à jamais inscrit au palmarès du Tour de France. Quant à Poulidor, tout le monde sait ce qu'il en est : la gloire sans maillot jaune...

Pour ce qui concerne l'édition 2007 de cette étape de Légende j'en garde le souvenir d'un merveilleux week-end de vélo.
Laurence aussi d'ailleurs qui m'accompagna en voiture et qui découvrit les belles routes de l'Alsace par une journée estivale.
 Même si mon classement ne fut pas terrible,mais l'occasion était trop belle de découvrir cette magnifique région. Je me souviens de l'accueil extraordinaire de tous les bénévoles, en particulier à Strasbourg, et du public qui nous encouragea tout au long de la route.
Hélas, cette étape de Légende ne fut jamais reconduite. La faute sans doute au petit nombre de participants : nous ne fumes que 1517 "coureurs" classés à l'arrivée. Trop peu sans doute pour "rentabiliser" une telle organisation quand une "étape du Tour" accueille aujourd'hui plus de 10 000 participants.
Ayant participé à 8 "Etapes du Tour", je crois pouvoir dire que cette "Etape de légende" reste comme la plus belle. 
 Mais nous voici donc, Laurence et moi à la sortie de Saint Maurice sur Moselle pour commencer la montée vers le Ballon d'Alsace.

Ainsi que le montre ce profil, cette grimpette n'est pas d'une difficulté surhumaine. 
Une pente maximale à 8%, une montée régulière sans changement de pente trop brusque : l'idéal pour le début de saison montagnard de deux Seine-et-marnais !
Et la Seine-et-marnaise sait grimper doucement mais sûrement.
Une jeune cycliste a quand même failli mettre à terre ma cyclotte préférée lors d'un dépassement hasardeux au début de la montée. Elle allait très vite la gamine.

Gageons que nous reverrons souvent ce panneau l'été prochain.
Le petit plateau de 24 dents fait merveille...
Même pas fatiguée ! Et pourtant...
 C'est déjà le sommet !
Nous y découvrons une plaque en souvenir des deux premières ascensions du ballon d'Alsace par le Tour de France, en hommage à René Pottier, le même dont j'ai pu voir la maison natale à Moret sur Loing la semaine passée.
René Pottier est considéré comme le premier grand grimpeur du Tour de France. 
 Voici ce qu'écrit le journaliste Victor Breyer de cette première ascension :


"Les quatre ou cinq premiers kilomètres se passent sans incidents. Puis, c'est soudain Cornet qui démarre furieuse­ment et, à notre surprise indicible, c'est Trousselier qui cède le premier. Plus que quatre ! Mais ses forces trahissent Georget, qui se relève à son tour. Plus que trois ! Et un peu plus loin, Cornet a la satisfaction de voir Aucouturier décollé à son tour. Mais la grosse surprise est réservée pour la fin car, tout d'un coup, Pottier, dans une détente de tout son être, passe Cornet. Un duel féroce s'engage entre les deux survivants. Haletants, ruisselants de sueur, tous deux pédalent de tout leur corps. Cornet perd deux longueurs, puis recolle, et décolle encore, et ça y est. La victoire reste à Pottier, qui s'en va maintenant tout seul, l'œil sur le sol, pour ne se relever que tout en haut, au moment où les grands sapins lui mon­trent que le plateau précurseur de la longue descente sur le versant opposé du Ballon est atteint."
Le journal La Vie au Grand air du 21 juillet 1905, nous donne également un aperçu du cyclisme sur route de cette époque et une photo de Pottier. Dire que le Tour de France 1904 avait failli être le deuxième et... dernier de l'histoire à cause de clous semés sur la route et autres tricheries et irrégularités.

En 1905, Pottier abandonna donc quelques jours après son exploit dans le Ballon. Le vainqueur de ce troisième tour de France fut Louis Troussselier.
En 1906, il en fut tout autrement, René Pottier domina la course de toute sa classe. 
Et il triompha facilement du Ballon d'Alsace encore une fois. En fouillant mes archives, j'ai trouvé quelques clichés de cette montée du Ballon 1906.

A l'approche du Ballon d'Alsace, un petit peloton se présente avant la grande lessive.
Car René Pottier est très fort, IMBATTABLE !
Bien sûr certains furent vaincus par l'adversité comme Hyppolyte Aucouturier, second du Tour 1905.
Wattelier et Beaugendre dans le ballon d'Alsace.
D'autres durent fournir de gros efforts pour arriver au sommet.
Tour d'honneur des vainqueurs du Tour 1906
René Pottier, avec sa drôle de coiffure sur la photo, remporta donc le Tour de France 1906 devant Geoges Passerieu. 
Très à l'aise également sur piste, Pottier gagna encore en septembre 1906 le Bol d'or cycliste, parcourant plus de 925 kilomètres en 24 heures derrière tandem au vélodrome Buffalo. Puis, au mois de janvier 1907, il se suicida, ne laissant aucun message, son frère évoqua un chagrin d'amour.
Le journal "La Vie au Grand Air" consacra un article dans son numéro N° 437 du 2 février 1907 au décès du "roi de la route qui vient de disparaitre si tragiquement (et qui) fut un prodige de volonté et d'endurance. Il restera le type du héros des courses dures."
 Mais revenons au temps plus joyeux de notre randonnée du 5 mai 2016.
 Le temps est aussi beau qu'en septembre 2007.

Même si aujourd'hui, il y a moins de vélos...
Sommet du Ballon d'Alsace - 27 septembre 2007
 ...que voici 9 ans (déjà... 9 ans.).
La descente est bien rapide car il nous a fallu faire demi-tour au sommet, nos amis nous attendant pour le dîner.

Une jolie voie verte nous rapproche de Cornimont.
Mais auparavant nous devons franchir un nouveau col, col qui était au programme de l'Etape de Légende 2007, mais dans l'autre sens.
Une bien belle journée de vélo et en plus, nous avons pris le temps de savourer les jolis paysages vosgiens.
Chalet des Vosges.
Alignement d'arbres
Laurence dans les arbres
Pin des Vosges

Sur la route

















A suivre...