1959

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dimanche 1 mai 2016

Balade ATOMIQUE !

Le jeudi 27 avril 2016
Voici 30 ans hier, le 26 avril 1986, la centrale atomique de Tchernobyl, en Ukraine qui était alors une République Socialiste Soviétique, connaissait le plus grave accident de toute l'histoire du nucléaire civil jusqu'à la catastrophe de Fukushima au Japon le 11 mars 2011 : Jamais deux sans trois ?
Pourtant, aujourd'hui, j'étais parti pour faire une belle promenade. Le soleil brillait ce matin. Les arbres étaient encore en fleur. Et malgré le vent frais, j'étais bien décidé à faire une sortie joyeuse, dans la belle nature qui se montre à nous.
 Une promenade au temps jadis peut-être ?
 Admirer des vieilles pierres, cela me serait bien allé.
Et puis non, il y a quelque chose dans l'atmosphère... Atmosphère... Atmosphère...
 Une porte fermée... sur quoi peut-elle s'ouvrir ?
Un vol de corbeaux effrayés par ma modeste machine ?...
Et ce vert, le vert justement... le vert de l'espoir, de notre planète qu'on est en train (avec entrain !) de sauver grâce à la COP 21 et tous ces gens gentils qui signent des papiers, et encore des papiers, et toujours des papiers, à New York, à Paris ou ailleurs.
 Et puis, au loin, j'aperçois la centrale atomique !
Et puis le ciel se met au noir... et pour éviter ces nuages, il faut que je parte vers la centrale atomique.  
TCHERNOBYL ? 
Je n'avais pas prévu d'aller par là. Pourtant le matin, j'avais lu deux articles sur la catastrophe, le désastre de Tchernobyl dans le journal.
"Le 26 avril, lors d'un exercice visant à prouver que la centrale "Lénine" de Tchernobyl peut être relancée d'elle-même à la suite d'une perte totale du réseau électrique, le coeur du réacteur n°4 entre en fusion et explose, libérant d'importantes quantités d'éléments radioactifs dans l'atmosphère et l'environnement. (...)
(...) Munis d'équipements de protection dérisoires, 600 000 ouvriers - les fameux liquidateurs, qui paieront un lourd tribut de 60 000 morts et de centaines de milliers d'handicapés- mettent des mois à isoler le réacteur sous un sarcophage.(...)"
Voilà pour les faits, tels qu'ils sont relatés par le journal "Le Progrès social - 27 avril 2016".
Mais aujourd'hui, tout est tranquille dans ce petit coin de France. Dormez, braves gens, vous ne craignez rien... Sur mon vélo, je me suis rappelé d'un livre que j'ai lu et relu. Et oui, c'est bien pour ça, le vélo, ça permet de penser. 

"La supplication" est un livre de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature 2015, paru en 1996, dix ans après le cataclysme. J'ai recommencé la lecture de ce livre hier soir et j'en ai extrait quelques bribes pour accompagner mes photos atomiques...

"Ce livre ne parle pas de Tchernobyl mais du monde de Tchernobyl."
Prologue, page 32 - Interview de l'auteur par-elle même
"Après Tchernobyl, nous vivons dans un monde différent, l'ancien monde a disparu"
Prologue, page 32 - Interview de l'auteur par-elle même
"Au début cela semblait un jeu... Mais c'était une vraie guerre. Une guerre atomique... Une guerre que nous ne connaissions pas : Qu'est-ce qui était dangereux et qu'est-ce qui ne l'était pas ? De quoi fallait-il avoir peur ? Personne ne le savait..."
 Le choeur des soldats, page 87
"Avez-vous oublié qu'avant Tchernobyl, l'atome était surnommé "le travailleur pacifique" ? Nous étions fiers de vivre à l'ère atomique."
Monologue sur l'éternel et le maudit..., page 217 - Vladimir Matveïevitch Ivanov, ancien premier secrétaire du comité du parti du district de Slavgorod
"L'incroyable quantité de mensonges liés à Tchernobyl n'a pas d'équivalent, sauf pendant la guerre..."
Le choeur populaire, page  158
"Après Tchernobyl... J'ai vu à une exposition de dessins d'enfants, une cigogne qui se promenait dans un champ noir, avec, comme légende : "Personne n'a rien dit à la cigogne."
Monologue sur le fait que, dans la vie, des choses horribles se passent de façon paisible et naturelle, page 181 - Zoïa Danilova Brouk, inspecteur de la préservation de la nature
"Vous ne devez pas oublier que ce n'est plus votre mari, l'homme aimé, qui se trouve devant vous, mais un objet radioactif avec un fort coefficient de contamination."
Prologue, page 23 - Une voix solitaire
"Ils pensent que je ne devine pas... Que je ne sais pas que je vais bientôt mourir... Ils ne savent pas que la nuit, j'apprends à voler."
Le choeur des enfants, page 252
Ne nous y trompons pas, il ne s'agit pas aujourd'hui d'être pro ou anti nucléaire : nous vivons dans une République atomique. Il y aura un autre cataclysme atomique : où et quand ?

Dans le monde, on compte plus de 400 réacteurs nucléaires, rien qu'en France, il y a 19 centrales totalisant 58 réacteurs. Chaque Français "produit" chaque année 2kg de déchets nucléaires. Les Egyptiens nous ont laissé des Pyramides, les bâtisseurs du Moyen Age les cathédrales gothiques, sans doute notre monde de l'an 2000 laissera-t-il aux générations futures des monceaux de déchets contaminés et les sarcophages cachant Tchernobyl et Fukushima... dans 2000 ans, la "Malédiction du sarcophage", ils vont adorer !
La centrale de Brennilis, en Bretagne, près d'un lieu nommé "Les portes de l'enfer" (Je n'invente pas !),a cessé toute production d'électricité en 1985, elle n'est toujours pas démantelée...
Il n'y a sans doute qu'une seule question qui vaut d'être posée : 
Comment sortir du nucléaire ?


Du pays de l'atome, je suis passé au pays du VENT... Le cycliste que je suis le connait bien
Un si joli village, entre l'atome et le zef...

A l'heure du vélo à assistance électrique, j'avoue avoir un faible pour le vélo à vent... dans le dos. 

En région champenoise, l'ancienne région Champagne Ardennes (qui fait maintenant partie de la région Grand Est : pourquoi pas le Grand N'importe quoi ?) les éoliennes ont colonisé la plaine Mais bien sûr, on est loin du compte : Pour remplacer un réacteur nucléaire, il faut, parait-il au moins 750 éoliennes (à vérifier...). Alors ?

Les fumées de Nogent, le vent de Champagne et l'arbre, comme il semble petit, l'arbre.
"Les soldats ont lavé les arbres, les maisons, les toits. Ils ont lavé les vaches du kolkhoze... Je pensais : "Pauvres bêtes de la forêt ! Personne ne les lave. Elles vont toutes mourir ! Et personne ne lave non plus la forêt. Elle aussi elle va mourir !"
Le choeur des enfants , page 250
On n'a pas fini de brasser du vent sur le sujet...


Alors avoir peur, ou pas ? Se méfier des chats noirs...

...et clouer un fer à cheval pour conjurer le mauvais sort et contenir les forces atomiques ?

La Supplication, c'est aussi un film qui sortira bientôt en France (?) Dans combien de salles ?...

mercredi 20 avril 2016

Mardi 19 avril : Le printemps !

100 kilomètres de printemps !
Cette fois, c'est officiel, même s'il y avait une petite rechute hivernale, le printemps est là. Ici et maintenant. 

En plus, j'ai ressorti mon vélo Le Vacon, ça ne rigole plus !
100 bornes, 100 pitons, dans l'après-midi. Et à l'opposé d'hier, je suis parti vers le Bas de l'Aisne, la Picardie. Enfin, il parait que ça ne s'appelle plus ainsi : Les Hauts de France. Quelle misère... Et bientôt, les Bas de France.. et au milieu, qu'est-ce qu'on mettra ? Les porte-jarretelles de France pour tenir les bas, bien sûr. Pauvre France ! Tiens, ça serait un beau nom pour une nouvelle région !
 Moi aujourd'hui, j'ai roulé dans une belle France. 
 Même les vaches ont l'air heureuse et pourtant, le prix du lait et de la viande, ça devrait les inquiéter, non ?
Mais il y a des paysans qui font preuve d'imagination. J'avais déjà croisé un distributeur automatique de patates, un autre de pain et aujourd'hui, c'est un distributeur de fruits et légumes.
 Dans la "boutique", il y a des casiers numérotés et à l'intérieur de chaque casier des produits de la ferme : des oeufs, des radis, des navets... On choisit le produit que l'on veut, on paye et le casier s'ouvre (je présume...). Pourquoi pas ? Cela évite aux agriculteurs d'être présents en permanence et si vous avez une envie de fraises à 2 heures du matin, c'est possible ! En tout cas, la prochaine fois que je passe dans le secteur, je teste.

A l'entrée de Château Thierry, surprise : la piste cyclable obligatoire est propre! C'est bien la première fois que je vois cela. Z'auraient pas embauché un balayeur quand même ?
 Château Thierry où je m'accorde une petite pause. Pour acheter quelques journaux tout d'abord.

Le nouveau numéro du magazine "200, le vélo de route autrement" est paru ainsi que celui de "Planète Cyclisme". 

Puis, je monte au château médiéval de Château Thierry. 



La vue est belle et le fond de l'air incite au vagabondage...

Mais il me faut bien reprendre la route et je décide de rentrer par le Bois de Belleau, le Belleau Wood des Américains. 

Aujourd'hui la girouette est agricole. 

  Le Belleau wood est toujours aussi paisible.
 Lieu de promenade pour les familles quand voici bientôt 100 ans, c'était un enfer pour des milliers de petits gars venus d'Amérique et de Germanie. 

Combien d'endroits comme celui-ci sont aujourd'hui des enfers pour des enfants, pauvres petits enfants de Syrie ou d'Afrique ? 


Le poirier plus que centenaire qui abrita le premier cimetière américain en 1918 est en fleur.  
La Der des Ders, ce n'était même pas vrai...
 Dans cette nature calme et reposante, je suis sur le chemin du retour par cette route qui va de Belleau  à Charly sur Marne, 


...puis de Nogent l'Artaud à un autre Bellot.

 
Saurons-nous choisir la bonne porte ?