mercredi 10 juin 2015

Dans la roue de Joop ZOETEMELK

1985, c'est l'année où je suis venu habiter à La Ferté, cela fait 30 ans.
1985, cela fait quelques années que je suis abonné au Miroir du cyclisme et l'un des premiers numéros que je reçus à ma nouvelle adresse fut celui-ci : le numéro 369 de juin 1985, avec Marc Madiot (je crois ?) à la une.
Et dans ce numéro, il y avait cet article.
Un journaliste , Henri Quiqueré, et un photographe, Joël Cohade, avaient donc suivi (en voiture ?) Joop Zoetemelk sur ses routes d'entrainement. Ces routes allaient également, petit à petit, devenir mon terrain de jeu cycliste. Et, si à l'époque, mon intérêt fut éveillé par cette balade, jamais encore je n'avais suivi la route de Zoetemelk. C'est chose faite depuis le mercredi 3 juin 2015.
Mais avant de suivre ce parcours, il m'a fallu rejoindre La Ferté sous Jouarre, à la pointe de la flèche rouge en bas de cette carte.
Au sommet de la longue côte sur l'ancienne Nationale 3 qui s'en va vers Château Thierry, je prends la petite route à gauche en direction de Cocherel. C'était la fin du parcours du Hollandais de Germigny l'Evêque.
Le ciel est gris, la température passable et, si je n'avais pas préparé le vélo et le casse-croûte, pas sûr que j'aurais pris la route après une matinée de travail pour un si long périple. Mais à peine rentré à la maison, j'ai sauté dans mon cuissard, enfourché mon beau vélo et je suis parti sur les traces du champion ! Trente ans après...
Les petites fleurs me rappellent quand même que c'est bientôt l'été.
Au beau village de Tancrou, je décide de faire ma pause casse-croûte.
Sandwichs, gâteau de semoule, Babybel, bananes et Petit Beurre (comme un hommage à Patrick Plaine ? Mais, au fait, comment écrire des "Petit Beurre" : des Petits Beurres ? des Petits Beurre ? des Petit Beurre ?) : rien de bien original, mais du consistant, pas très diététique sans doute, mais pas question de me mettre à la diète, même éthique... pas à mon âge.
Je suis au bord de la Marne, seul, tranquille, et tout en cassant ma petite graine, je relis l'article d'Henri Quiqueré. Le soleil tente une timide apparition.
« Le   Hollandais   de Germigny-l'Evêque... ça m'a longtemps énervé ce surnom. Je me pensais Hollandais résidant en Ile-de-France. Et puis, avec le temps, je me suis aperçu que ce n'était plus une appellation chauvine mais une réalité. C'est en Hollande que je ne suis plus tout à fait chez moi. Quand nous allons avec la famille chez mes parents, je me sens presqu'un touriste. J'ai des souvenirs certes. Des images précises comme toutes celles de l'enfance... mais je ne suis plus un enfant. Finalement, je crois que je suis comme tous les émigrés, même si je suis un émigré très privilégié, et que j'aurais bien de la peine à me réintégrer dans mon propre pays. Je suis d'Ile-de-France, une région dont je connais toutes les routes à l'est et au nord-est et dont j'apprends l'histoire avec mon fils ainé, Carli, mainte­nant qu'il est à la grande école... » 
Et Germigny l'Evêque, j'y arrive, quelques kilomètres après mon petit repas. 
C'est ici que demeurait (Il y habite encore, je crois) Joop Zoetemelk, c'est d'ici qu'il partait à l'entrainement.
"A  propos,  Germigny-l'Evêque, c'est entre Meaux et La Ferté-sous-Jouarre. A la périphérie de l'agglomération parisienne  quand elle commence à relâcher son tissu. Là où aux paysages industriels répon­dent des campagnes intactes sur de grandes étendues semées de rési­dences secondaires en bords de Marne. Là où Bossuet, évêque de Meaux, avait sa maison dont il demeure le vestige d'une tour et où il écrivait ses célèbres oraisons.
C'est un joli village au bord de la Marne :
"Sur les bords de la Marne,
Un cycliste, il y a..."
Quand il a remonté la Marne, Jean-Paul Kaufmann passa ici et lui aussi évoque Bossuet.
"Germigny l'Evêque. La campagne de Bossuet, "le paradis terrestre de la Brie", selon ses propres mots. 
Il ne reste plus grand chose de sa résidence d'été, si ce n'est le colombier et les deux tourelles. Mais la position des terrasses et du jardin dominant la rivière est remarquable, majestueuse même, une belle allée de tilleuls soulignant son air de grandeur. A cet endroit, la Marne envoyait ses eaux par un canal vers les jardins grâce à une machine sophistiquée, une curiosité au temps de Louis XIV. L'Aigle de Meaux adorait les fleurs et la nature ; à l'époque, c'était plutôt rare. 
Il connaissait l'art de greffer les arbres, cultivait orangers et melons, et s'entourait de toute une ribambelles d'animaux (chèvres, pigeons, chiens). Ce Bossuet champêtre ne cadre guère avec la figure tonnante du prélat inflexible reprochant au monarque ses frasques du haut de la chaire."
Joop Zoetemelk évoquait lui aussi l'évêque de Meaux voici trente ans.
«Après treize années en France, je sais que mon parler est encore hésitant mais ma compréhension de la langue est bonne. Au plan grammatical, j'en suis au niveau de mon fils, disons une sixième, et cela ne me permet pas de lire Bos­suet. Je me demande même si cela viendra, il faut bien dire que ce n'est pas très passionnant et que l'immense majorité des Français ne saurait me reprocher cette affir­mation sur ce cher Bossuet. Qui l'a lu ? Qui le lit encore ? Au moins, je sais beaucoup de choses sur lui pour avoir participé, avec un professeur de Meaux qui se voue à l'histoire de sa ville, à des visites guidées ! Je ne sais pas si ce n'est pas la passion que met ce monsieur à raconter qui m'inté­resse plus que l'évêque... »
Me voici donc au départ du circuit d'entrainement du vainqueur du Tour de France 1980. Je vais le faire dans le sens "normal", contrairement au reportage qui tourna "à l'envers" pour une histoire de lumière pour les photos.
ENTRAINEZ-VOUS AVEC JOOP ZOETEMELK
De Germigny l'Evêque...
Un très joli parcours, très riant, s'il fait beau naturellement. Alors pourquoi ne pas s'amuser et tenter de copier le mieux possible Joop Zoetemelk. Pas au point d'en utiliser un braquet unique mais disons deux. Donc, 52/17 sur le plat et 52/19 pour les bosses. Mais attention à ne pas brûler trop de cartou­ches dans la plaine. Les raisons photographiques ne vous gênant pas, vous partirez par la vallée de l'Ourcq, c'est-à-dire dans le sens habituel de notre champion. Quitter Germigny par la D. 121 jusqu'à Lizy puis la D.102 jusqu'à Mareuil via Crouy. Ensuite, la D.88 jusqu'à la Ferté-Milon. Jusqu'ici, c'est un tracé moyennement val­lonné et agréable. La difficulté pour gagner Château-Thierry est la monotonie de la plaine mais, dans ce sens, vous avez 80 % des chances de bénéficier du vent dans le dos : une belle compensation ! A Château, une halte s'impose avant de repartir par la vallée de la Marne, via Azy et Essomes où l'église, une ancienne abbatiale du 13e, est des plus élégantes (demander la clé à la mai­rie juste en face). A Charly, vous pourrez varier les plaisirs et allonger d'une dizaine de km en franchissant la Marne et suivre la rive gauche face aux pentes des vignobles. Mais là encore réservez des forces. Ces coteaux champenois se montent à répétition et exi­gent de rudes coups de jarrets. A La Ferté sous Jouarre, remonter sur la droite par la D.73, jusqu'à Cocherel, prendre à gauche vers Mary sur Marne et rentrer sur Germigny par la D. 17.
Surtout, ne méprisez pas ce circuit. C'est dur!
... à Germigny l'Evêque. 130 km environ
Pour ma part, j'ai déjà parcouru la fin du parcours et je remonte tranquillement le long du canal de l'Ourcq.
Enfin, le soleil accompagne ma promenade qui devient franchement agréable. Le vent est fort et défavorable depuis mon départ. Comme l'indique l'article de 1985, il me poussera pour rentrer.
A Mareuil sur Ourcq, je vais faire une petite visite à l'église représentée dans le Miroir.
Mais, horreur... aurait-on changé la belle église de Mareuil ?
Ce n'est plus la même ! Y-aurait-il une autre église dans ce village ? Le photographe se serait-il trompé ?
Et oui, c'est cela, une erreur. Une erreur dans mon Miroir ! Pas possible... Si pourtant, il s'agit de l'église de Marolles, charmant petit village situé à quelques kilomètres seulement de Mareuil. Le photographe se sera trompé en notant sur son carnet le nom du village. Ce n'était pas encore le temps des photos numériques, des "Google map"  ni des GPS, alors pardonnons aux journalistes. Tiens, ils sortaient peut-être d'un restaurant, un repas arrosé, pourquoi pas ? C'était la fin de leur périple et, HOP, une erreur, on écrit Mareuil sur le calepin au lieu de Marolles... Voilà, c'est tout.
La flèche octogonale en pierre de cette église date du XIIème siècle. Et le village est fort joli, et calme, calme, calme...
J'y découvre même deux plaques : la première, don de l'Automobile Club d'Ile de France...
La seconde étant une bonne vieille Plaque Michelin. Il en reste.
Encore deux kilomètres pour arriver à La Ferté Milon.
Je grimpe vers l'ancien château dont il ne subsiste qu'une façade par une belle montée bien carrossable. Je connais les lieux et j'évite soigneusement la bosse empruntée par Joop Zoetemelk.
"...Heu­reusement, au bout de ces petites routes, il y a La Ferté-Milon : « Ce matin, dit Joop, nous avons croisé trois cyclistes. C'est excep­tionnel. J'en croise si peu que j'en suis arrivé à les compter systématiquement. C'est quand même curieux de les voir déserter ces routes calmes et sans danger au profit des nationales. Là où je cir­cule en voiture, il y a plein de vélos, c'est un comble... 
Remar­quez, je comprends qu'ils ne s'aventurent pas vers cette montée au château à La Perte. 
Non mais, regardez-moi ces pavés, on se croirait dans le Tour des Flandres au Koppenberg». Une échelle pavée qui s'aventure, c'est le mot, le long de la belle église Notre-Dame avec sa tour du 16e siècle et qui culmine aux imposants vestiges du château : « Quel dommage, dit Joop, que je sois monté pour la première fois jusqu'ici il y a... deux jours, quand j'ai su que vous veniez et que j'ai tenu à vous permettre de belles photos. Sinon, je me serais préparé dans cette côte pour les Classiques belges. Je passe pou­tant par ici presque tous les jours mais je reste en bas, sur la route qui longe l'Ourcq». 
On connait ici ma détestation pour les pavés... aussi ai-je soigneusement évité cette redoutable montée. Je ne prépare pas le Tour des Flandres ni Paris-Roubaix. 
Alors, je descends doucement, doucement vers la vallée de l'Ourcq.
La Ferté-Milon, c'est aussi la patrie de Jean Racine : « Encore un que je connais de nom grâce à Carli. Je sais même que ce n'est pas lui qui a écrit Le Cid... » (Rires).
 
C'est sans doute la plus jolie des trois Ferté où je passerai aujourd'hui.
Et puis "...ce sont les blanches étendues couvertes de champ de céréales ou de betteraves. C’est à peine si un bois de pins assombrit l’horizon. Et ce ne sont pas les cimetières militaires, rappels de ce que l'on continue à magnifier sous l'appellation « Bataille de la Marne » alors que ce ne fut que l'un des plus grands cri­mes perpétrés contre l'humanité, qui rompent la monotonie..."
Si je partage le jugement du journaliste sur la guerre de 14, je ne suis pas d'accord avec ses propos sur le parcours proposé par Zoetemelk ! Mais je parie  que les journalistes du Miroir ont pris la grande route de Château Thierry à la Ferté Milon par Neuilly Saint Front, sans doute pressé d'aller s'offrir un bon repas au frais du Miroir (pauvre Miroir...) sans se donner la peine de passer par ces petits villages de l'Aisne nichés dans la verdure des petites vallées de l'Allan ou du Clignon. Si la D4, la D973 et la D1 sont en effet des routes, monotones et tristes, tracées dans les plaines à betteraves du sud de la Picardie, il n'en va pas de même du circuit de M. Zoetemelk .
Ici, nous sommes dans le Bas de l'Aisne, le pays de Lucienne Gaudé.
La fontaine de Chézy en Orxois qui fourni de l'eau qui n'est pas qualifiée de "non potable"... C'est la seule de la région, alors, j'en profite à chaque fois que je passe dans le coin.
Le village de...
..niché au creux d'un vallon, avant de remonter vers Hautevesnes. Gengoulph, Gengoulph, vous en connaissez beaucoup des Gengoulph ?
 Et puis, je redescends vers Bussiares et la vallée du Clignon pour continuer vers Licy-Clignon et Monthiers. encore et encore des route vallonnées, des tape-cul, de la tôle ondulée.
Et puis, après Monthiers, on remonte encore, vers Etrepilly...
 ...avant d'emprunter une belle piste cyclable qui nous conduit vers  Château Thierry et sa longue descente sur la vallée de la Marne.
Ainsi, entre la Ferté Milon et Château Thierry, la route ondule, tournicote, une belle petite route campagnarde, paisible, surtout par ce beau soleil.
A Château Thierry, je croise l'ami Pascal, qui organisa la série de BRM auxquels j'ai participé cette année, qui termine son jogging hebdomadaire. Nous papotons quelques minutes  et je continue ma route pour la fin de cette randonnée.
"Château-Thierry, c'est un regard vers le château dont il ne reste que la base des murs et qui est devenu promenade dominicale pour les vues qu'il ménage sur la vallée de la Marne et les murailles de ce qui fût une ville militaire. Pour Joop, c'est surtout la ville de La Fontaine qui y naquit le 8 juillet 1621: «Je n'ai jamais visité sa maison natale devenue musée mais, au moins, lui je le connaissais avant de venir en France. Le lièvre et la tortue et le corbeau et le renard sont au programme de toutes nos écoles. Y compris celles d'un fils de petit éleveur de porcs qui préfé­rait le vélo et le patin à glace aux études...»
Pour ma part, point de photo de la statue de La Fontaine, je crois l'avoir déjà présentée ici.
Par contre, je ne résiste pas...

De Raaf en de Vos

Meester de Raaf, hoog en droog op zijn tak,
hield een pracht van een kaas in zijn snebbe.
Meester de Vos, dien de geur daarvan stak
zou 't aldus met hem aangelegd hebben:
'Jonkheer de Raaf, goedendag!
Wat zijt ge fraai, als ik u zo aanschouwen mag!
Voorwaar, als uw stem zou blijken,
met uw dos te zijn vergelijken,
waart ge de feniksvogel van dit woudgebied.'
Bij dat woord kent de Raaf bijkans zijn vreugde niet,
spert hij zijn bek, zodat zijn roofbuit hem ontschiet.
De vos, daar meester van, zegt: 'Beste, leer van mij,
dat wie gul is met gevlei,
op kosten leeft van wie geloof hem schenken.
Die les is wel een kaas waard, zou ik denken.'
De raaf in schaamte en stil berouw,
zwoer, wel wat laat, dat men hem niet weer nemen zou. 

Alors de quelle fable s'agit-il ? Le corbeau et le renard ? Le lièvre et la tortue ? ou une autre...
Mais il me faut quand même rentrer avant la nuit alors pas le temps de réciter "de raaf en de vos"
Plus loin, je vérifie, encore une fois que la ville d'Essomes sur Marne possède encore une...
La dernière ?
A Romeny, l'auberge du Manoir est fermée depuis longtemps.
"...à Romeny, il y a ce manoir Casquero qui fut la dernière résidence de Marcel Cerdan avant son der­nier voyage vers les Etats-Unis où il n'arriva jamais pour rencontrer Jack La Motta :
Le dessin n'est pas de Pellos mais de Paul ORDNER
«On se souvient de lui comme d'un homme très bon et on parle encore des visites que lui faisait Edith Piaf avec sa Delahaye..."
Et puis il y a un petit producteur, Marc Bijotat (retenez le prénom !) qui propose un Champagne ires estimable à un prix plus que cor­rect...»
Trente ans après, il est toujours là le producteur de champagne. Je l'avais goûté à l'époque...
Et là, juste après Romeny, je prends à gauche vers Nogent l'Artaud, je quitte la vallée de la Marne. Je ne ferai pas la fin du parcours de Zoetemelk vers La Ferté Sous Jouarre, terrain connu, par Charly, Crouttes et Luzancy...
Arrivé largement avant la nuit, mon compteur affiche plus de 160 kilomètres. Ce fut un bon entrainement, 10 jours après mon BRM 600. Encore une grande sortie avant la fin du mois de juin et je serai près pour le Paris-Nice Audax au début du mois de juillet mais aujourd'hui, j'ai eu beaucoup de plaisir à prendre la roue du "Hollandais de Germigny l'Evêque".

vendredi 29 mai 2015

BRM 600km à Château Thierry

Cette fois-ci, c'est dans la poche ! La série des BRM est terminée, me voici donc qualifié pour le prochain Paris-Brest-Paris Randonneurs. 
A la fin de cette belle série (3 BRM 200, 1 BRM300, 1 BRM400 et 1 BRM 600), je me rends compte que le plus difficile fut le BRM 200 de Château Thierry ! En tout cas, je remercie le club de Château Thierry d'avoir organisé tous ces brevets et plus particulièrement Pascal et les cyclos du club (Daniel et Olivier surtout) avec qui j'ai toujours autant de plaisir à rouler.
Je viens de réaliser ma pré-inscription : numéro de dossier FR-4164 (Y-aurait-il déjà 4163 pré-inscrits avant moi ?)
Mais avant cela, j'ai dû parcourir les 23 et 24 mai 600 kilomètres sur les routes de Picardie, de Champagne, de Bourgogne et d'Ile de France.
Samedi 23, 6 heures du matin, près de la gare de Château Thierry, nous sommes quinze cyclo-randonneurs à prendre le départ de cette randonnée. 
C'est un circuit que je connais pour l'avoir déjà emprunté en 2010. Cela reste un très beau souvenir de vélo avec une douzaine de cyclos sympas !

http://montour1959lasuite.blogspot.fr/2010/05/brm-600-le-recit.html

Il y a là Alain et Pascal avec qui j'ai déjà fait route sur les BRM 300 et 400, ainsi que Jean avec qui j'ai roulé lors de la Flèche Vélocio. A priori, nous devrions être 4 à rouler ensemble. Devrait s'ajouter à notre petit groupe Didier, un cycliste vosgien qui m'a contacté après avoir lu les récits de mes BRM 300 et 400.
Finalement, à part un Belge qui prend la poudre d'escampette dès le pied de la bosse de Nesles la Montagne, nous allons rouler à 14 jusqu'à la nuit ! Les plus forts (et il y avait quelques "costauds" !) adoptent un rythme raisonnable permettant à notre groupe de progresser à une allure rapide (Le vent nous pousse.) mais régulière.
L'ambiance du groupe est conviviale. Il fait beau et le parcours est plat ! Nous traversons la plaine de Champagne à vive allure pour atteindre la vallée de l'Aube, rivière que nous allons suivre jusqu'à sa source, à vive allure toujours.
Alain fait l'avion...
..et dans ce groupe, c'est un peu "Tous pour un, un pour tous." 
Voilà bien longtemps que je n'ai pas trouvé une telle ambiance sur un BRM dans un groupe de cyclos aussi nombreux, sinon sur ce même circuit en 2010.
Durant quelques kilomètres, nous empruntons le parcours du BRM 400 et comme deux semaines auparavant, le vent nous pousse ! Ici, ça grimpe un peu, un tout petit peu, et notre ami Vosgien mène le paquet.
Plutôt que de faire pointer nos cartes au bistrot de Radonvilliers, nous prolongeons de 3 km jusqu'à Port Dienville où nous faisons notre première pause.
Avec Alain et Pascal, nous nous sommes déjà arrêtés à ce bistrot voici deux semaines. Peut-être devrions-nous demander une carte de fidélité ?
Aujourd'hui, le service est un peu lent mais j'avoue que ce n'est pas pour me déplaire car j'ai un peu les grosses cuisses...
Il fait beau, la route est encore longue, alors... profitons !
Mais après environ une heure d'arrêt, nous repartons vers Montigny sur Aube où nous devons faire pointer notre carte de route. Ici, comme en 2010, point de commerce pour apposer le précieux tampon sur nos cartons. Pascal validera quand même notre passage.
Pour ma part, je profite de cet arrêt pour réserver le repas du soir dans une pizzéria à Vénarey les Laumes. Nous devrions être 13 à table (Notre compagnon de route du club de Frépillon a réservé une chambre d'hôtel à Montbard) pour partager un menu... cycliste : Tagliatelles à la bolognaises, tarte au citron ou glace et café. De quoi attaquer une nuit sur le vélo le ventre plein.

Dans un petit village après Montigny sur Aube, nous allons refaire le plein des bidons dans un cimetière, comme d'habitude. 
Puis nous reprenons notre marche en avant vers Dijon. Peu après nous rejoignons un vélo couché qui participe au même BRM que nous. Il est parti après nous et nous a doublés pendant notre arrêt à Dienville.
Ouf ! ce soir nous serons 14 à table...
La campagne est magnifique et je regrette un petit peu, un tout petit peu, de ne pas pouvoir flâner un peu plus mais il serait stupide de ne pas continuer à profiter de la compagnie d'un tel groupe de rouleurs.
 Bientôt la route devient plus vallonnée. Nous quittons la vallée de l'Aube pour passer dans la vallée de la Tille.
A Is-sur-Tille, nous effectuons notre troisième pointage. C'est la fin de l'après-midi et l'occasion de nous alimenter un peu.
Chacun profite de ce repos bien mérité...
Nous atteignons la moitié de la randonnée. 
Il manque un cyclo à l'appel. En quittant Is-sur-Tille, j'aperçois son vélo près d'une boulangerie et décide de l'attendre. Tranquillement, nous reprenons la route avec quelques minutes de retard sur le petit peloton.
Après quelques kilomètres, je vois revenir vers nous deux cyclistes qui se demandaient où j'étais passé. Quelques hectomètres plus loin, tout le groupe s'est arrêté pour nous attendre (C'est bien ça pour faire une pause pipi...). Super sympa, je confirme, l'ambiance.
J'explique quand même à chacun les raisons de ce retard : j'ai attendu Marius. Qu'il n'aille quand même pas s'imaginer que je me suis arrêté pour faire une photo ou pour négocier l'achat d'un vieux vélo...
Quelques kilomètres avant Dijon, nous prenons la direction de l'ouest, à Messigny et Vantoux. De Ventoux, point. Pourtant une longue côte, nous permet de passer à proximité de la source de la Seine pour basculer dans la vallée de l'Oze puis celle de l'Armançon avant de rejoindre la vallée de l'Yonne plus au nord avant Joigny.
La montée après Val Suzon éparpille notre petit groupe et, avec Alain et Pascal, nous fermons la marche.
Mais là encore, quand nous atteignons le point culminant de notre randonnée (569 mètres), nous nous rassemblons avant de plonger dans une belle descente. Il reste une trentaine de kilomètres pour arriver à Vénarey les Laumes, près d'Alésia. 
A 20H10, nous arrivons à la pizzéria "Sole Mio", 1 rue Vercingétorix, avec un peu d'avance.
Chacun s'affaire à préparer son matériel pour la nuit et puis nous passons à table. Pour ma part, sur les conseils de Fred, un cyclo d'Amiens, je me fais un petit massage des cuisses car j'ai vraiment l'impression qu'elles ont doublé de volume (l'expression "avoir les grosses cuisses" prend tout son sens pour moi en ce début de soirée, NB : ne pas oublié un produit de massage dans la sacoche pour les prochaines randonnées.), les compteurs affichent une moyenne de 28 Km/H environ pour 330 kilomètres parcourus (Pas le mien car il a rendu l'âme depuis le 116ème km, j'ai vraiment un problème avec ces engins...)
De la bière, de l'eau pétillante et des...
...PÂTES !
Après le repas, j'ai décidé de ne pas continuer à cette allure , quitte à me retrouver seul pour la nuit.
Les circonstances firent bien les choses... En effet, Jean tardant un peu à se mettre en route après le repas, nos compagnons s'en allèrent. 
La nuit est tombée et nous reprenons tranquillement notre chemin à deux. Quelques kilomètres plus loin, nous rejoignons Alain et Pascal qui nous attendent avec Fred, Philippe et Marius. Nos sept autres compagnons sont devant, nous ne les reverrons pas. Ainsi, la "sélection" s'est faite naturellement et pas à la "pédale".
Le rythme est moins effréné maintenant dans la fraîcheur de la nuit. Un seul incident vient perturber notre avancée : j'ai mal raccroché ma sacoche et à Montbard, Philippe me dit qu'elle est en train de se décrocher. Quand je m'arrête pour la remettre en place, je panique un peu, je m'énerve, n'arrive pas à la remettre, SCROGNEUGNEU... je crois même un instant qu'elle est cassée. Heureusement mes camarades m'aident et tout finit par rentrer dans l'ordre.
Au contrôle de Tonnerre, Jacky nous rejoint. Il a laissé filé le premier groupe et est bien content de nous retrouver. Nous allons pouvoir finir cette belle balade à 8.
Après un petit casse-croûte, nous prenons la route de Joigny où nous prévoyons de prendre un peu de repos. Pourtant après quelques kilomètres, nous décidons de dormir un peu.
Un petit centre commercial nous accueille et après avoir fait une razzia de cartons, nous nous couchons à même le sol (dur, le sol...).
Qu'elle est dure la vie des SdF cyclistes.
Certains dorment...
...d'autres pas : Merci, Jean, pour les photos. 
Un Paris-Brest-Paris, ça se mérite, non ?
Ces deux heures d'arrêt m'ont fait le plus grand bien. 
A 6 heures du matin, nous sommes à Joigny. La boulangerie vient d'ouvrir.
Nous allons pouvoir repartir vers le prochain contrôle à Pont sur Yonne mais le vent va retarder notre progression. Il va nous gêner jusqu'à La Ferté Gaucher.
Pont sur Yonne : Café pour tout le monde et dernier coup de tampon sur notre carte de route ! Il reste 120 km à parcourir sur des routes vallonnées en mauvais état.
Avant Provins, Christine, la femme de Jacky, nous rejoint et mène le train de notre groupe.
Comme en 2010, je propose un arrêt à la maison et à midi et demie, nous stoppons à La Ferté Gaucher pour manger un plat de pâtes que Laurence nous a préparé.
Nous prenons le temps de nous reposer, même s'il ne reste que 35 kilomètres. Christine et Jacky nous offrent le café chez eux à la sortie de LFG. 
 Et c'est un groupe de 10cyclos et cyclottes qui quitte notre petit village briard.
Jean.
Jacky, Fred, Christine et Philippe.
Pascal.
Alain.
Marius.
Et Laurence.
A 15H45, nous arrivons à Château Thierry. Personne ne semble exténué, à bout de force. vant de nous séparer, nous prenons le pot de l'amitié au café de la gare (à moins qu'il ne s'agisse du terminus). Chacun a en poche sa qualification pour le prochain PBP.
Ce fut vraiment une bien belle balade et j'aurai vraiment plaisir à croiser le chemin de chacun de ces 14 compagnons de route : sur la route de Brest ou de Paris, pourquoi pas ?